Vases Communicants de janvier 2012, par @MemoireSilence


« Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. » Vases Communicants

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Ce mois-ci j’ai la chance et le grand plaisir d’accueillir ici-même le très beau texte de Silence (alias Franck Queyraud).

Un très grand merci à lui pour son accueil  sur Flânerie Quotidienne de ma participation à ces nouveaux vases communicants. 

Merci également à la merveilleuse Brigitte Célérier, qui nous permet  de ne rien manquer des autres échanges de ce mois-ci.

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Elles sont partout… mon amour… (Carte postale)

Elles sont partout… Comme tunnel, sous la forme d’illuminations de noël, mais pas éclairées parce qu’il fait encore jour… M’en moque… je les suis tout de même… qui…

Elles sont partout… qui guident notre trajectoire. Toutes les rivières et tous les canaux se rejoignent vers notre île. Dans le ciel aussi, fils d’Ariane suivent l’avion… Ou l’inverse… Je ne sais plus… Elles sont perspectives, le long de la rivière qui horizonne. Ou, au bout de la canne des pêcheurs que je croise le long des berges… Et le chemin, c’est par là, je demande ? Comment veux-tu que je me perde ? Et qui…

En naviguant bien, sur ce Canal du midi, en zigzaguant un peu, je devrais pouvoir te rejoindre avant la fin du monde. Elle est annoncée pour 2012, mais moi, je m’en moque des oiseaux de mauvais augure. Le bug de l’an 2000 a fait long feu. Cet épouvantail-là fera de même. Le monde est fou, mon amour. Celles dont je ne dis pas encore le nom, sont encore diagrammes, dans les bourses du monde entier qui chutent. Et colonnes, qui plongent vers des infinis de chiffres, danaïdes ténèbres… On ne vit pas que d’argent. On ne peut évidemment pas le dire sans passer pour un mariole. Mais si on n’en a pas, d’argent, on le sait bien évidemment, on fait les marioles plutôt que la révolution. Ça n’a jamais trop marché les révolutions. Elles sont partout… celles dont je tais le nom, encore un peu… et qui me rappellent celles-ci :

Le vent

Debout

S’assoit

Sur les tuiles du toit.

Accalmie, le titre de ce poème de Prévert, qui ne paie pas de mine, tout petit poème, mais qui forme une petite cheminée. Lueur d’espoir. Pas celle de la mine. De la Bourse, peut-être, on brûlerait toutes les actions, les titres et les billets… Feu de joie… Accalmie. On doit dorénavant, rien que çà, chacun, sauver la planète, oui, rien que cela, la lecture des comics de super-héros ou la vision à haute dose de désolants films américains ont travesti nos imaginaires. On a déjà du mal à se sauver soi…

Prévert s’en moquait aussi de ces gens-là, les grands donneurs de leçons, les grands réalistes tristes, lui, toujours à tirer, et le diable par la queue, et sur son mégot de poète, attablé seul avec son gros toutou, dans un jardin parisien avec tout le poids du monde sur ses épaules, à trouver des mots contre les ennuyeux ; se moquait, lui, l’indiscipliné, le rêveur, qui vitriolait les diners de têtes, bien fréquentés. C’étaient les mêmes qui jouaient le monde en le posant en permanence en équilibre sur les quilles du bowling, et justement, lançaient la boule, le long de la piste… Je ne perds pas la boule, que je lance dans le canal… et qui… plouf…

  • Je t’offre un hot-dog ? Regarde ! Sur le toit du chalet-boutique, le vent vient de s’assoir. On a tout le temps, à présent. Les feuilles font des notes sur une portée dessinée dans le ciel… La musique…

Elles sont partout… mon amour… ma Jeanne… Elles dessinent trajectoires dans le ciel, grâce au grand manège, on dirait la roue d’une bicyclette géante pour faire le tour du monde et quand les badauds montent dans la grande roue, ce n’est plus que cris, cris pour se faire peur… rejoindre le cœur du monde… celui qui bat près de vous… celui des mots du poète qui chante dans ma tête :

« Moi, le mauvais poète qui ne voulais aller nulle part, je pouvais aller partout. »

Je n’avais plus qu’à les suivre… celles… et qui…

Ces arabesques quand le vent fait bouger les doigts de l’arbre qui me montrent la direction et les mille petites feuilles jouent avec éclats de soleil, apportent ombres sur ton doux visage, imaginé…

Elles sont partout…  mon amour… ma Jeanne à moi… les lignes qui me mènent vers toi.

Bons baisers d’ici. Il fait beau. Il ne pleuvra pas demain. Je t’aime.

Silence

Remerciements :

Aux poètes Jacques Prévert et Blaise Cendrars (phrase en italique) qui ont conquis mon adolescence, en ce temps-là…

Merci à Louise Imagine  pour ses photographies, catalyseurs des mots de ce vase communicant…

Texte : Silence (alias Franck Queyraud)

Photos : Louise Imagine

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