Vases Communicants de février 2012, par @xavierfisselier #vasesco


« Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. » Vases Communicants

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J’ai le bonheur d’accueillir ici-même Xavier Fisselier, un ami précieux que j’aimerais tant lire plus souvent. Alors voilà, chacun de nous a écrit un texte sur la photo de l’autre…

Un très grand merci à Xavier d’avoir accueilli mon texte sur Dream about your life & live your dream.

Merci également à la merveilleuse Brigitte Célérier, qui nous permet de ne rien manquer des autres échanges de ce mois-ci.

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Nos deux visages,
une symétrie parfaite dans un temps incertain qui semble s’être retenu d’avancer à cet instant là.
Sommes-nous en enfance?
Sommes-nous ces chevaux?
Sommes-nous bien ensemble?
Sommes-nous seulement les-mêmes?
Qui de nous deux s’estompe, en retrait, là? Tu es pourtant si proche. Nous sommes identiques, ne le vois-tu pas? Nous tournons en rond et nous ne nous regardons plus. Deux vies parallèles, indépendantes, l’une posée à côté de l’autre, l’autre posée à côté de l’une. Comment sommes-nous arrivés sur ce tourniquet bruyant et chahutant? Cela ressemble tant à la vie de ceux qui nous observent tourner, avec leurs sourires béas et les yeux rivés sur leurs petits qu’ils nous ont installés sur l’échine. Ils nous voient courir l’un et autre l’un après l’autre l’un avec l’autre. Donne-moi seulement ta main, je n’aime pas ces sourires provoqués. Personne ne nous sourit vraiment.
Regarde-nous, nous sommes taillés dans le même bois. Nous le savons, ou plutôt, nous l’avons toujours su. Crois-tu que nous faisons pitié, que l’on nous observe d’un œil attendrissant? Plus personne ne parle de toute façon. Je n’aime pas non plus ce qu’ils disent. Et nous, on tourne, on tourne au rythme de la mélodie mélancolique des larmes de suie qui perlent de nos rouages grinçants, sans réfléchir à un possible lendemain dans ce monde dévasté par tant d’imbéciles certitudes.

Regarde cette femme qui nous observe.
Aurait-elle compris?
Regarde ses mains,
regarde ses traits.
Qu’a-t-elle vu de différent en nous pour nous photographier malgré l’absence d’enfants trépignant sur nos dos?
Elle seule peut avoir compris.
Regarde son sourire,
Il est doux.

Texte : Xavier Fisselier

Photos : Louise Imagine

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3 réflexions sur “Vases Communicants de février 2012, par @xavierfisselier #vasesco

  1. Encore merci Louise de m’avoir accueilli chez toi… je t’enverrai un autre texte, si tu veux bien.
    Je crois aussi que tu peux retirer le « s » que j’ai laissé à « trépignants », cela fera peut-être une faute d’orthographe de moins parmi toutes les autres que j’ai dû laisser…
    Très bonne semaine à toi,
    xavier

  2. La pensée des chevaux va au galop, ils ne sont pas idiots, ils savent à quoi ils servent, leurs têtes tournent comme la plateforme où ils sont fixés (leur vie est un manège, c’est normal après tout) et la photographe stoppera soudain le mouvement, quelle magie !

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