Sans titre, partie V


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Kern éclata de rire, ouvrant grand la bouche sur ses dents d’un blanc immaculé, repoussant d’une main faussement désinvolte les boucles folles de ses cheveux de jais. Kern riait, de ce sourire qu’il savait irrésistible, fossettes délicieuses ponctuant de fraîcheur son visage adolescent, cils mi-clos sur prunelles vert sombre où se mêlaient or et argent. Silhouette musclée et longiligne, il déployait à la perfection un charisme que tout le monde lui enviait. Capitaine de l’équipe de handball du lycée et meneur d’hommes talentueux, il jouissait d’une notoriété sans faille, adulé des uns, jalousé des autres, mais respecté par tous. Son équipe s’était élevée au plus haut niveau régional et avait bon espoir de remporter le titre du championnat. Demi-centre émérite, Kern s’était démarqué tant par ses aptitudes sportives que tactiques. Il démontrait sur le terrain une intuition hors pair doublée d’une grande maturité malgré ses 16 ans à peine entamés, cette  précieuse combinaison offrant plus d’une fois un avantage décisif à son équipe.

 Maintenant le ballon avec lequel ils venaient de longuement jouer entre coude et hanche, Kern salua ses amis d’une ferme poignée de main. Puis, démarche chaloupée, corps scintillant de sueur, il s’éloigna du groupe et s’avança vers le bord de la piscine. Alors que chacun vaquait à ses propres occupations sans plus prêter attention à lui, il lui prit l’envie de s’amuser un peu. Il  glissa en moins d’une seconde le ballon dans sa main droite, et sans se retourner, le lança prestement par dessus son épaule en direction de son ailier gauche. Emmanuel, connaissant à la perfection son coéquipier, anticipa son geste et sans prendre la peine d’interrompre sa conversation, attrapa la balle au vol d’une simple mais efficace extension. Jetant un rapide regard en arrière, Kern ne put réprimer un large sourire devant la dextérité de son ami. Assurément une des meilleures recrues de l’équipe, se prit-il à penser avec satisfaction, tout en montant sur le plus haut plongeoir. Dominant de toute sa taille le grand bassin, il s’étira longuement tel un chat engourdi par la chaleur, déliant chacun de ses muscles pour en déloger fatigue et crispation, laissant son regard se perdre et se diluer dans le miroitement étincelant de l’eau claire et chlorée. Le soleil cuisait ses épaules, engourdissant sa nuque, étourdissant ses sens. Effaçant peu à peu le stress des derniers mois.

(…)

Texte : Louise Imagine

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