Avancer, reculer.
C’est un jeu. C’est une danse.
La mer avance, d’un pas, d’une vague ; il faut lui répondre, on ne peut pas rester silencieux, immobile,
reculer, d’un pas, d’une vague.
Le monde est vague. Il suffit de se mettre
à la bordure, aux marges, sur les franges
on peut jouer
jouer à être dans le monde, jouer avec ses limites, et les nôtres, ça n’a pas d’importance,
on peut jouer là avec les limites des possibles
avancer d’un pas, la mer recule,
les vagues sont minuscules,
on peut jouer,
à avancer d’un pas : elles reculent
puis non,
finalement non,
elles reviennent, on recule,
pas le choix, on recule :
elles reviennent
ou alors c’est les éclaboussures
on s’entend, on crie,
on s’entend crier
et rire
rire aussi, surtout rire
elles reviennent, on ne recule pas,
cette fois on ne recule pas,
qu’elles reviennent, un peu,
rien que pour voir,
même pas peur, on reste là, qu’elles reviennent
on ne bouge pas, on résiste,
on résistera, on ne bougera pas,
qu’elles reviennent,
la vie est une danse, une danse avec le monde,
on est là,
pieds nus dans le sable,
qu’elles reviennent, qu’elles viennent,
on est là, on est vivant,
qu’elles reviennent, qu’elles viennent,
la vie est une danse,
aux bords des mondes, aux bords des vagues,
on est là, on danse,
elles avancent, on recule,
elles avancent, on avance,
qu’elles nous enlacent, nous embrassent, nous enserrent,
vivre et danser, pieds nus, dans le sable.
Texte : Isabelle Pariente-Butterlin
Photos : Louise Imagine
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Isabelle Pariente-Butterlin n’a fait l’immense bonheur de généreusement déposer ses textes, ici, accompagnés de mes images. Notre conversation reprenant alors, pour ma plus grande joie. Une respiration, mouvante.
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Que ça fait du bien! Bouffée d’oxygène! Belle compositions photos/mots
Merci ! Enchantée que cela vous plaise. Isabelle est une vraie magicienne 🙂
Le temps d’une vague je suis redevenu un enfant… Merci à vous deux !