Vivre ! – II – Texte par Isabelle Pariente-Butterlin


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L’enfin crépusculaire qui se retire de nous.

La joue, comme appuyée contre le monde. Comme si nous reposions à la surface du monde. Toute notre peau sentira bientôt la fraîcheur, elle monte du sable. Déjà, la morsure du jour s’efface et glisse dans l’oubli.

La joue comme posée sur le sable quand une rêverie nous ballote, et même si nous ne le touchons, dans nos verticales, que de la plante de nos pieds nus, nos joues savent la fraîcheur de sa caresse. Elle remonte le long de nos pas, nos jambes le parcourant, et nos ombres déjà s’entremêlent, auxquelles nous ne prêtons pas attention et que nous laissons faire.

C’est une frange de jour, il ne reste que cela, une frange de jour entre l’ombre et la lumière, et dans cet entre-deux, nous allons. C’est une frange de jour dont l’indécision caressante nous a entourés et nous tient dans ses bras. L’indécision s’étire, comme une caresse infiniment lente du jour sur nos joues, comme une caresse de ce jour autour de nos épaules, encore nues.

Il n’est pas encore question de disparaître dans l’oubli de la nuit. Il viendra, mais plus tard. Le mouvement ne fait que commencer qui nous mène vers elle ; il allonge les lignes autant qu’il est possible de les étirer et de les continuer. Comme si rien ne devait finir alors que tout est si infiniment fragile. Nous en sommes au moment précis où les mouvements s’apaisent, où les rythmes des corps se calent sur les ombres et comme elles, s’étirent. Elles s’allongent à même le sable apaisé et soulignent les plus infimes ondulations du monde.

Ombres de nous, qui s’effacent, nous obstinés encore, tenant à notre verticalité, comme si elle ne devait pas cesser, tandis que nos ombres, déjà, ont compris et qu’à leur tour, elles caressent le monde immobile à leur passage, comme les lèvres immobiles qui attendent la caresse d’autres lèvres.

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Texte : Isabelle Pariente-Butterlin

Photos : Louise Imagine

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Isabelle Pariente-Butterlin n’a fait l’immense bonheur de généreusement déposer ses textes, ici, accompagnés de mes images. Notre conversation reprenant alors,  pour ma plus grande joie. Une respiration, mouvante.

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